Le lundi, 30/09/2024, Son Excellence Ambassadeur Albert SHINGIRO, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération au Développement du Burundi a prononcé sa déclaration lors de la 79ème Assemblée Générale des Nations Unies, dont le thème choisi était « l’unité dans la diversité pour l’avancement de la paix, le développement durable et la dignité humaine partout et pour tous ».
Sa Déclaration était articulée sur les points suivants :
Sur le plan du développement, concernant la mise en œuvre de l’agenda 2030 des Nations Unies, S.E. le Ministre a déploré qu’à seulement six ans de la date butoir, le rapport du Secrétaire Général sur la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durables (ODD) montre clairement que seuls 17-18% des objectifs sont sur la bonne voie ; près de la moitié ont peu ou modérément progressé, tandis que plus d’un tiers ont stagné ou même régressé.
Pour S.E. le Ministre, si rien n’est fait pour renverser les tendances actuelles, les Nations se dirigent graduellement vers le renoncement de la promesse faite à l’humanité en 2015. Face à une telle situation alarmante, il a fait l’appel à tous les peuples à agir ensemble et vite pour sauver la génération future qui jugera les dirigeants actuels par leurs actes en cas de non action.
Au niveau national, le Burundi comme toutes les autres nations, travaille d’arrache-pied pour améliorer sensiblement la qualité de vie de sa population. Le peuple burundais croit fermement que le seul chemin qui le conduira vers la véritable indépendance politique passe nécessairement par l’indépendance économique laquelle n’est possible sans la paix et la sécurité. Pour y arriver, le Gouvernement du Burundi, sous le leadership éclairé du Président de la République, S.E.M. Evariste NDAYISHIMIYE, s’est engagé à rentabiliser la paix et la sécurité déjà acquis, en mettant en place une vision ambitieuse et réalisable, de faire du Burundi, un pays émergent en 2040 et un pays développé en 2060.
En matière de paix et de sécurité dans le monde, S. E. le Ministre a déploré le fait que la menace terroriste et les dangers liés à l’extrémisme violent se soient multipliés ces dernières années avec de plus en plus des ramifications aux niveaux local, régional et international. Face à cette menace existentielle, le Burundi s’est engagé à poursuivre et à renforcer sa collaboration avec d’autres nations pour prévenir et lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent, à travers sa contribution substantielle dans les opérations de paix et de lutte contre le terrorisme notamment, en Somalie, Centrafrique et l’Est de la République Démocratique du Congo, afin d’accompagner ces pays frères dans leurs efforts légitimes de restaurer la paix et l’autorité de l’Etat sur l’ensemble de leurs territoires.
S.E. le Ministre a continué en soulignant le fait que le Burundi ait pris en compte les mesures sanitaires dans le plan d’atténuation des effets du changement climatique et a battu le record dans le récent rapport de l’Alliance Mondiale pour le Changement Climatique, en s’alignant en tête de liste des pays ayant le plus pris en compte la santé de la population dans leur plan d’atténuation.
Concernant les changements climatiques, S.E. le Ministre a regretté que la crise climatique s’abat sur la planète et que les solutions durables tardent à venir par manque de financement de l’action climatique, à même d’aider les pays du sud global à faire face à la triple crise planétaire à savoir, le changement climatique, la pollution et la perte de la biodiversité. Le Burundi, tout comme les autres pays de la sous-région est de plus en plus affecté par le changement climatique, malgré la faiblesse de sa contribution aux émissions globales des gaz à effet de serre. Il a plaidé pour une simplification des délais pour permettre aux pays gravement impactés par les changements climatiques à recevoir les financements verts pour limiter les effets néfastes du changement climatique sur la mise en œuvre des ODD.
Concernant la réforme du Conseil de Sécurité dont les négociations sans fin sont devenues élastiques, le Burundi, par la voix du Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération au Développement, a réaffirmé son attachement à la position commune africaine reflétée dans le « Consensus d’Ezulwini ». Le système multilatéral actuel affiche ses limites pour assurer avec efficacité la gouvernance mondiale. L’injustice notoire contre l’Afrique, seul continent absent au Conseil de Sécurité dans la catégorie des membres permanents et moins représentée dans la catégorie des membres non permanents doit cesser. Vouloir pérenniser l’exclusion de plus d’1 milliard 200 mille habitants sur la table où se prennent des grandes décisions les concernant est une attitude tout simplement inacceptable.
Pour ce qui est de la fracture numérique entre le Sud et le Nord, S.E. le Ministre a souligné l’impératif d’avoir un accès à Internet par l’ensemble des pays y compris l’intelligence artificielle qui est en train de révolutionner le monde. Le fossé de plus en plus croissant et béant qui existe entre les pays du Nord et du Sud global, fait perdre à ces derniers un grand nombre d’opportunités sociales, scientifiques et économiques. Pour le Ministre, on ne peut plus urgent que ce fossé numérique soit comblé dans l’intérêt légitime des générations actuelles et à venir car, ne laisser personne de côté est l’un des piliers de l’action onusienne.
Pour clôturer sa Déclaration, le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération au Développement, S.E. Ambassadeur Albert SHINGIRO, a réitéré l’engagement du Burundi à œuvrer pour le renforcement de « l’unité dans la diversité pour l’avancement de la paix, le développement durable et la dignité humaine partout et pour tous ».




Ambassade du Burundi à Alger Diplomatie